25 juillet 2006
Chambre avec vues
Chambre d’hôpital, entrée du nouveau monde
Vaste carré blanc à la lumière féconde
Chambre de bébé, jolie prison aux murs chamarrés
Où grimacent des géants aux visages familiers
Chambre d’enfant, terrain de jeux d’un petit garçon
Jonché de robots, de monstres et autres dragons
Chambre d’adolescent, microcosme secret
Où la raison s’égare et demeure sans effet
Chambre d’amour, ou la perte de l’innocence
Courte lutte et l’interdit devient renaissance
Ma chambre de travail et ses sombres murailles
Perdu sous la mitraille, errant dans la bataille
Chambre à roulettes. Intrépide chambre du voyage
Chambre-estafette, chambre dont j’ignore les rouages
Chambre noire où la lumière s’endort
Chambre à rêver où je prends mon essor
Chambre de jour, chambre de l’espace vital
Chambre de nuit, giron du sommeil paradoxal
Lieu si familier et pourtant si vite étranger
Eternelle abandonnée, elle n’a de cesse de pardonner
Trois murs aveugles. Une fenêtre close
Le temps s’y dilate et ma raison implose
A quoi occupe-t-elle son temps en m’attendant ?
Que pense-t-elle de moi, qu’elle a connu enfant ?
Celle qui m’a vu grandir et que je ne connais pas
Celle qui se révèle, une fois la tête en bas
Chambre funéraire où m’accueillera la mort
Chambre éternelle où le silence est d’or.
Rectangle bleu
Lancinante peyotterie aux abords nauséeux
Pandemonium effrayant
Bourreau du mercredi, Copelius surgissant
Toute la nuit, toutes ces nuits
Pas encore, non, pas encore…
Tout ce sucre, tous ces visages sucrés
Visages glacés. Chlorification avancée
Frontière douloureuse
Chaleureuse torpitude
Chaleur aveuglante
Ruades, cavalcades, bousculades, éclats de rire crasseux
Pourquoi, partout, pourtant
Corpitude thermique, non
Non
Porcelaines frémissantes, squelettes haletants
Monde du silence, peinture de l’innocence
Cousteau bedonnant l’arme à la main, larmes à l’œil
Mythe effrayant, ce n’est rien encore…
Si vite fatigué
Autant de facilité, impudique vérité
Vociférhainante, mais à qui l’adresser ?
La souris qui murmurait...
Il est bientôt minuit dans ce grand salon vide
Je t'observe depuis longtemps, ruminant tes pensées
Sursautant à chaque plainte de ces boiseries humides
Effrayé par le silence comme un nouveau-né
Ton visage s'éclaire parfois d'une lueur fugitive
Mais l'idée est déjà froide, flamme vacillante
Qu'une simple brise change en terreur primitive
Vous laissant seuls toi et ton âme souffrante
Cette nuit est la dernière, acmé de solitude
Que le Mal se déchaine sur ces murs
Et délivre cet être de ses vicissitudes
Subsiste ce miroir où flotte une pâle figure
Stigmate d'une vie destinée au trépas
Frêle étincelle allumée sous le signe du rat
Une prison de rêves
Le mensonge est sans nul doute la pire forme de trahison
Lentement mais sûrement vous construisez votre propre prison
C’est un détenu de longue date qui vous livre son récit
Après avoir menti si longtemps qu’il était à l’agonie
Je n’ai à ce jour trouvé qu’un seul inconvénient à fréquenter des anges
Plus vous les vénérez, plus votre regard change
La comparaison est inévitable et difficilement supportable
A côtoyer la perfection on s’en trouve d’autant plus minable
Une seule solution s’offre à vous, jouer les victimes
Le climat deviendra aussitôt beaucoup plus intime
Touché, votre ange vous prendra par la main
Et malgré le mensonge, vous n'y verrez rien de malsain
Mais cette situation ne dure pas très longtemps
Au bien être la culpabilité grandissante succède rapidement
Les murs de votre prison s’élèvent sans discontinuer
Votre réclusion s’acheminant vers la perpétuité
Vous êtes à la fois la victime et le bourreau
Vous débattant sans cesse pour repousser l’appel du billot
Mais la tentation est trop grande, trop intense
Vous devez lui parler, confidence pour confidence
Escalader les murs de sa propre prison est un pur moment de liberté
Un doute subsiste. Sera-t-elle de l’autre côté ?
Arrivé au sommet, plus qu’une chose à faire
Vous jeter dans le vide pour quitter votre Enfer
Genèse
Dans un avenir proche, le temps s'achèvera
Lassée de cette grande mascarade sans fin
La Reine du Néant sa frontière abolira
Les exactions des hommes étant allées trop loin
Lentement, le règne des étoiles prendra fin
Discrètement, les constellations s'éteindront
Sur Terre, s'achèvera le délire de la faim
Par millions, les pauvres malheureux périront
Hordes affamées envahiront les Cités
Le sort des privilégiés sera vite réglé
Mais la révolution aura un goût amer
Conscients qu'ils seront de la fin de leur ère
Dans un dernier souffle, les Nations agiront
Pour trouver le moyen de leur conservation
Toujours, la réponse leur sera dissimulée
Et crèvera cette horreur qu'est l'Humanité