25 juillet 2006
William Shakespeare - Sonnet CXIII
Since I left you, mine eye is in my mind,
And that which governs me to go about
Doth part his function and is partly blind,
Seems seeing, but effectually is out ;
For it no form delivers to the heart
Of bird of flower, or shape, which it doth latch.
Of his quick objects hath the mind no part,
Nor his own vision holds what it doth catch ;
For if it see the rudest or gentlest sight,
The most sweet favour or deformed'st creature,
The mountain or the sea, the day or night,
The crow or dove, it shapes them to your feature.
Incapable of more, replete with you,
My most true mind thus makes mine eye untrue.
Depuis notre chute, mon oeil est mon esprit,
Il décide pour moi et comment procéder ;
Et de par son rôle y voit comme de nuit,
A l'impression de voir pour mieux me tromper.
Aux formes le coeur demeure inaccessible,
De l'oiseau, de la fleur, ou toute autre forme
Aux objections l'esprit est impassible,
Même son iris est trompé par l'informe.
De la suave oeillade au regard grossier,
De la pureté à un être difforme,
Par le roc ou par l'eau, jour ou obscurité
Corneille ou colombe, toi protéïforme.
Incapable de plus, car tout rempli de toi,
Mon oeil faux fait de l'esprit douter la vraie foi.